Les produits utilisés pour dégivrer les avions avant le décollage sont-ils dangereux pour l’environnement et les populations riveraines des aéroports ? En cette période hivernale, la question nous est souvent posée et mérite donc un éclairage. Les produits utilisés pour le dégivrage et l'antigivrage au sol des avions contiennent comme produit de base de l’éthylèneglycol ou du propylèneglycol, en clair de l’alcool. Leur application se fait par envoi, sous pression, du fluide chauffé, souvent mélangé à de l'eau. Le nuage qu'il est possible d'observer lors de ces opérations provient, non d'un agent gazeux qui serait utilisé comme propulsif, mais du brassage avec l'air d'une faible partie du jet. L'eau se condense très rapidement au contact de l'air ambiant. Le fluide lui-même, étant visqueux, ne produit que peu de gouttelettes qui en outre, compte tenu de leur volume, ne restent pas en suspension. Ce nuage reste très peu de temps volatil ; les gouttes, se refroidissant rapidement, se déposent sur l'avion et accessoirement au sol. Même en cas de vent, il n'y a pas de projection ou de dissémination du produit au-delà de quelques mètres autour de l'avion. Le dégivrage s'effectue soit sur des aires spécialisées, soit sur des zones pourvues d'un dispositif d'isolement, après que les vannes de conditionnement d'air de l'avion aient été fermées. Les gestionnaires des stations de dégivrage sont soumis au respect de l'ensemble des règlements applicables à la protection de l'environnement. Leurs agents sont spécialement entraînés et protégés par des vêtements et des masques, et des limitations de temps de travail leur sont imposées. C’est au commandant de bord de décider du type de produit à appliquer sur son appareil en fonction de la météo. Selon le type d’avion, entre une et deux dégivreuses sont nécessaires pour un temps de traitement compris, si tout se passe bien, entre 5 et 10 minutes. Dans les aéroports de Roissy et d’Orly, les aires de dégivrage sont dotées de bassins de rétention. Ainsi les eaux de ruissellement sont récupérées et stockées afin d’éviter tout risque de pollution.