2050, une chimère
C’est un véritable cri d’alarme que vient de lancer il y a quelques jours, Rajendra Pachauri, le président du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec). "Vous ne pouvez continuer à accroître les émissions de gaz à effet de serre et espérer qu'un miracle permettra de les faire chuter de 80% en 2050 !".
A 100 jours du début de la conférence de Copenhague, qui vise à conclure un accord global sur le climat post-2012, l’économiste indien, n’y est pas allé par quatre chemins. Pour lui, il n'y aucun signe de progrès ou d'avancées significatives des états, il appelle les dirigeants de la planète à agir vite et fort pour enrayer le réchauffement en cours. Les conclusions du Giec sont très claires: pour limiter la hausse de la température à deux degrés, nous devons nous assurer que les émissions mondiales vont commencer à baisser après un pic en 2015. Cela semble aujourd’hui très utopique.
Interrogé sur la petite musique entendue et jouée depuis quelques mois par la délégation américaine, selon laquelle il ne faut pas être obsédé par les objectifs chiffrés à l'horizon 2020, Pachauri reste dubitatif. "Regarder uniquement 2050 est une chimère", ajoute encore le prix Nobel de la paix. L'examen des pourcentages annoncés par les principaux pays développés montre que l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25% à 40% d'ici 2020 (par rapport à 1990), mis en avant pas les scientifiques, apparaît, à ce stade, hors d'atteinte. L'Union européenne s'est engagée sur une réduction de 20% de ses émissions (30% en cas d'accord international), mais les positions américaines (environ -6%) ou japonaises (-8%) sont très éloignées de cette barre.
Paradoxalement, le président du Giec soutient, à titre personnel, l'objectif de parvenir à une concentration de CO2 dans l'atmosphère de 350 ppm (parties par million), qui devrait permettre de limiter la hausse moyenne des températures à + 1,5 degré. La concentration actuelle se situe entre 385 et 390 ppm et les émissions mondiales continuent de croître à un rythme soutenu. Extrêmement ambitieux, ce chiffre est défendu par un groupe de 80 pays, les plus pauvres de la planète mais aussi les plus exposés au réchauffement, à l'image des petits Etats insulaires menacés par la montée des eaux. Le sommet de Copenhague, en décembre prochain suscite d’énormes attentes. Une nouvelle fois, nous serons sans doute déçus et noyés par de beaux discours politiques. A moins que…















